Lettre ouverte à Yanis Varoufakis : Le plan B, c’est la démocratie
par Thomas Coutrot
Cher Yanis Varoufakis,
Pendant cinq mois, vous avez incarné l’espoir de beaucoup de citoyens européens. Vous avez fait souffler un vent de rigueur intellectuelle et de franchise dans le cercle des hommes gris de l’Eurogroupe. Vous avez tenté avec ténacité de respecter le mandat des électeurs grecs : interrompre les politiques d’austérité tout en restant dans la zone euro.


Évoquer depuis la Grèce les quatre-vingt-dix ans de la naissance de Frantz Fanon s’impose comme allant de soi. Le hasard a voulu que je me trouve dans ce pays à cette date et dans ces circonstances. Dans ce pays, ou la société est froidement acculée à la misère, le regard fanonien sur les enjeux politiques du monde, se vérifie implacablement.
Daniel Munevar is a 30-year-old post-Keynesian economist from Bogotá, Colombia. From March to July 2015 he worked as a close aide to former Greek finance minister Yanis Varoufakis, advising him on issues of fiscal policy and debt sustainability. He was previously fiscal advisor to the Ministry of Finance of Colombia and special advisor on Foreign Direct Investment for the Ministry of Foreign Affairs of Ecuador. He is considered to be one of the foremost figures in the study of Latin American public debt. Here he talks to Thomas Fazi about the latest bailout deal, explaining why the events of the past few weeks have made him change his mind about Grexit.
Con la aprobación parlamentaria del tercer memorándum concluyó otro capítulo de drama que afronta Grecia. El entusiasmo que generó el triunfo del No en el referéndum fue abruptamente sustituido por la frustración que suscita la capitulación de Tsipras.
Toutes les gesticulations diplomatiques entourant la commémoration du massacre de Srebrenica (qu’elles soient pour ou contre la résolution proposée par Londres qualifiant le massacre de génocide), omettent de questionner l’essentiel : quelles ont été les causes et responsables de ces crimes, dans l’espace et sur le terrain où les conflits se sont déroulés et sur le plan international où ils ont été « réglés » ? L’hommage aux victimes de Srebrenica, le plein respect de leur mémoire, impose non pas d’atténuer la condamnation de ce qui relève certainement des crimes de guerre et contre l’humanité, mais de lui donner aussi un sens politique.
Ernest Mandel
Comme on pouvait le prévoir, « ceux d’en haut » qui dirigent l’UE mènent déjà une guerre sans merci contre le gouvernement Tsipras dont ils souhaitent la « neutralisation », sinon le renversement pur et simple ! La raison est évidente : un tel gouvernement anti-austérité doit disparaitre car il risque à tout moment de faire des émules de par l’Europe, ce qui mettrait en danger de mort la -fragile et de plus en plus contestée- domination des politiques néolibérales et de leurs inspirateurs presque partout sur notre vieux continent…
Quelques jours avant le référendum, un conseiller important du gouvernement grec, au cœur des négociations avec Bruxelles, a reçu Mediapart. Il raconte les cinq mois du gouvernement de Syriza, les discussions avec les Européens, la situation catastrophique de la Grèce. Il détaille surtout la stratégie d'étouffement mise en place méthodiquement par l'Eurogroupe et l'asphyxie financière qui a détruit l'économie grecque. Voici le texte de cet entretien au long cours.
“Ada Colau era hasta ahora un personaje folclórico”. Son las palabras que el presidente del Banc Sabadell Jose Oliu dedicó a la nueva alcaldesa de Barcelona, una vez conocidos los resultados electorales. No son las únicas muestras de inquietud entre el sector empresarial. El mismo Xavier Trias, cuando aún era alcalde en funciones, reconoció que los “poderes económicos” le habían presionado para conseguir un pacto que lo aupara como alcalde.
Dans l’enchaînement d’événements qui ont jeté la Grèce au fond du gouffre, chacun sait que les responsabilités des partis au pouvoir depuis 1974 sont écrasantes. Ils n’ont pas seulement bénéficié de la corruption et des privilèges, ils en ont fait bénéficier largement les fournisseurs et les créanciers de la Grèce. On pourrait s’étonner, dans ces conditions, que les dirigeants européens et le FMI, transformés en parangons de vertu et de rigueur, s’emploient à ramener au pouvoir ces mêmes partis faillis et déconsidérés, dénonçant le « péril rouge » incarné par Syriza et promettant de couper les vivres si les nouvelles élections du 17 juin confirment le rejet du « Mémorandum ». Cette ingérence n’est pas seulement contradictoire avec les règles démocratiques, ses conséquences sont dramatiques pour notre avenir commun.
Les diktats imposés à la Grèce par les « institutions » (FMI, BCE, Commission européenne), ainsi que par les gouvernements européens sans exception, s’apparentent à un crime. Leurs effets sociaux sont dramatiques et ils bouchent tout espoir de sortir de la nasse. Les droits humains sont bafoués et la démocratie enchaînée. Cette contribution commence par examiner quelques petits crimes périphériques commis par veulerie ou par ignorance crasse, revient sur le crime délibéré du premier plan d’austérité de 2010, et examine le nouveau crime qui est aujourd’hui en gestation.
This statement was issued by the Secretariat of the Bureau of the Fourth International on 29 June 2015.
Rosa Luxemburg est l’une des théoriciennes les plus brillantes du marxisme. Elle fut également l'une des très rares femmes à avoir acquis une légitimité militante dans la Deuxième Internationale, où le patriarcat était - plus encore qu'aujourd'hui - largement dominant. Ses capacités analytiques exceptionnelles, elle les a mis sans pédanterie au service du mouvement ouvrier, au sein duquel elle a milité de toutes ses forces. C'était une personnalité indépendante, qui n'hésitait pas à polémiquer contre l'aile réformiste du parti et des syndicats (en Allemagne). Elle menait aussi le débat au sein même de la gauche révolutionnaire, notamment avec Lénine dont elle contestait la conception du parti (1902-1904), ou à propos du droit à l'autodétermination des peuples et de la démocratie dans l'Etat soviétique (1918). Rosa Luxemburg est une figure tragique. Parce qu'elle a été brutalement assassinée (15 janvier 1919) à l'appel de la social-démocratie qui voulait « rétablir l'ordre à Berlin ». Et surtout parce que son assassinat est survenu alors qu'elle assumait, depuis 1915, le rôle de dirigeante de parti dans le nouveau Spartakus-Bund qui, pas plus que Rosa, n'avait pas accumulé les forces suffisantes pour aborder la situation révolutionnaire.
Il y a septante ans, Lénine fondait l’Internationale Communiste 24 ans plus tard, elle était dissoute par Staline...
Notre ami et camarade François Vercammen est décédé ce mardi 16 juin.